Salut les filles, salut les barbus, me rev'là!
Ça y est, c'est la rentrée. Comme tous les ans. On traîne les pieds, on ronchonne, on sanglote mais quand faut y'aller...
Deuxième année où j'endosse la fonction de directeur en plus de celle d'enseignant et il semble de plus en évident que je ne ferai pas ça (directeur) toute ma vie. Il est intéressant de jouer les "capitaines d'équipe", les "leaders", les "pères bienveillants" néanmoins la partie administrative a tôt fait d'anéantir mon enthousiasme débordant.
Une hiérarchie qui ne soutient pas ses troupes, où chacun est suspecté de tirer au flanc d'une manière ou d'une autre. Des partenaires institutionnels de plus en plus méfiants voire réticents à côtoyer de l'instit', quand l'on n'est pas considéré comme des employés municipaux serviables et corvéable à merci. Bah, faut gérer tout, ménager la chèvre et le chou, marier la carpe et le lapin, ce qui, soit dit en passant, pourrait être intéressant si, en tant que directeur, je détenais un pouvoir quelconque... Que nenni! Nous dépendons pour tout du bon vouloir de l'administration, des politiques ou des institutions.
Aujourd'hui, c'est au sujet du budget que l'on vient me casser les couilles. Je dépasse de quelques euros ce budget et c'est le branle-bas de combat! Quand comprendra-t-on que l'éducation des enfantsde France et de Navarre ne doit souffrir d'aucune restriction budgétaire!!! Putain, à l'heure d'internet et du numérique, la majorité des petites écoles, dont celle que je "dirige", doivent bidouiller avec des PC de récup'!!! Le mobilier date de Mathusalem et personne, à part moi, n'y trouve à redire... Quelques vieux croûtons répondent qu'à leur époque, ils s'en contentaient... Pourquoi pas? On se déplaçait à cheval, y'avait pas l'eau courante et personne n'en est mort. Quelle clairvoyance! Quelle analyse!
Et c'est sûrement pas les gosses qui viendront se plaindre, pour eux tout va bien tant qu'on leur dit que tout va bien. Et en plus, ils ne votent pas.
Bon, je suis furax, vénèr' et vraiment pas optimiste à propos de la tournure des choses. Après, faut pas s'étonner que certains et certaines de mes confrères deviennent amers... Allez, faites de ces jeunes pousses des citoyens heureux et épanouis!
Quand on veut des résultats, on s'en donne les moyens. Moi, je quémande.
Vive la rentrée des crasses.
lundi 9 septembre 2013
mercredi 3 juillet 2013
The Origins Part 5
Chères lectrices, chères lecteurs,
(j'utilise encore le pluriel pour m'adresser à vous, je ne perds pas espoir!)
À l'issue du précédent épisode, tel un James Bond de la République, je vous ai laissés dans un suspense insoutenable: face à des hordes d'adolescents mâles prépubères acnéiques et testostéronés, comment réussirais-je à m'en sortir? Tout le monde sait bien que le célèbre espion ne meurt pas à la fin néanmoins l'on est suspendu aux multiples rebondissements et renversements de situation qui amènent mon lectorat à serrer les dents, agripper l'écran de l'ordi et à hurler:
"Putain de bordel à chiotte! Mais comment va-t-il survivre?! Vivement la suite!"
Les lectrices les plus sensibles défaillent évidemment.
Nous sommes donc le 1er septembre 2001. Il pleut. Comme vache qui pisse. Il "drache" comme on dit par chez moi, sale temps pour une pré-rentrée. Je fais ma première rentrée comme Professeur des écoles titulaire et j'ai le trouillomètre à zéro. Après deux mois de vacances en mode Sea, sex and sun, où la procrastination est devenu un art de vivre, j'ai savamment relayé mes préoccupations professionnelles au fin fond de mon cortex entre "je devrais ..." et "'faudrait que...". Je me revois dans le bureau du directeur de la MECS en compagnie de mes deux potes volontaires et d'un quatrième larron, appelé de dernière minute car recruté sur la "liste complémentaire" du Concours PE. Je suis trempé et j'essaie, en vain, de trouver une porte de sortie à l'enfer qui m'attend. Le directeur nous accueille avec un grand sourire, c'est un petit bonhomme à la barbe blanche, un nain de jardin sans son bonnet pointu quoi. C'est un ancien professeur d'histoire-géo, transfuge de l'Éducation nationale et qui, diplôme de directeur d'établissements spécialisés en poche, se fait des couilles en or à la tête de ce genre d'établissement. C'est que le "social" est une nébuleuse où le fric coule à flots.Les associations sont dites laïques, à but non lucratif... Je pouffe. Il suffit de regarder le fabuleux système pyramidal mis en place depuis des décennies où chacun veut croquer une part du gâteau généreusement distribué par les Conseils Généraux: immobilier, mobilier, voitures de fonction, ça rutile de partout dans les hautes sphères tandis qu'au bas de l'échelle, les éducateurs aidés des stagiaires-éducateurs font tourner tant bien que mal ces établissements. Mais passons à notre récit, le directeur, que nous nommerons Bob est un hâbleur, cadre supérieur oblige... Il m'horripile, deux minutes que nous sommes dans son bureau et il se félicite déjà de notre présence: cela fait des lustres qu'il n'a pas débuté une année scolaire avec une équipe d'enseignants au complet. S'ensuit une présentation de l'établissement dont il a la charge, son fonctionnement, le personnel. L'entrevue se termine et nous sommes confiés aux chefs des travaux, J-L, qui se chargera de nous faire visiter le bâtiment où nous enseignerons en collaboration avec cinq éducateurs techniques. Le bâtiment est une ancienne usine "réhabilitée" en centre de formation. Pas très accueillant tout ça. Je redoute le premier contact avec ces adolescents qui ont, pour la grande majorité, connu plusieurs établissements scolaires avant d'atterrir ici sur décision d'un juge ou demande des parents. Ces gamins ont une relation très conflictuelle avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un enseignant: exclusion et échec scolaire pour la très grande majorité. Nous empruntons un long et large couloir qui longe les ateliers (métallerie, menuiserie et peinture) et nous y croisons quelques ados qui s'empressent de venir nous saluer en nous serrant la main. J'hésite à tendre la main, moi qui m'attend plutôt à un "bonjour" discret. Certains nous demandent si nous sommes les "nouveaux profs", j'entends des rires, quelques exclamations. Je ne suis pas à l'aise, c'est peu de le dire. Ce n'est pas mon monde. Qu'est-ce que je fous là? Je fais la connaissance des cinq éducateurs techniques dont je ne retiens aucun prénom, trop occupé à réprimer mes envies de prendre mes jambes à mon cou... La visite des salles de classe a raison de mon moral, déjà bien bas. Les cinq salles de classe se trouvent à l'étage auquel on accède par un escalier étroit aux murs décrépis recouverts de graffitis , une porte en fer gondolée nous bloque l'accès. Deux tours de clé et nous voilà dans un vaste espace de plusieurs centaines de m², le sol est en briques, recouvert çà et là de rares plaques de ciment peint, le plafond, quant à lui, est à plus de 5 mètres. La porte métallique qui claque derrière nous n'en finit plus de raisonner dans ce gigantesque volume dont quelques rares néons peinent à vaincre l'obscurité. Nos salles de classe ont été aménagées tout autour de cette salle: cinq cubes de 50 m², moquette marron au mur, sol en briques rouges et des fenêtres placées à 1,80 m du sol, la seule vue vers l'extérieur donne sur le ciel et ses nuages. C'est glauque, froid, humide, malsain quoi. Je serai prisonnier de ces murs pendant un an. Quel programme...
La rencontre avec le cinquième enseignant relèverait de l'anecdote si cette personne était un jeune professeur comme nous, or celui-ci accuse la bonne cinquantaine et nous narre ses différents états de service: coopération à Pondichéry puis en Afrique durant de nombreuses années, il en fait un peu trop et roule des mécaniques à l'idée de devenir un peu notre "guide". Une question s'impose assez vite: Comment une personne soit-disant bourlingueuse et expérimentée choisit-elle d'atterrir dans ces oubliettes de l'Éducation nationale? On ne le saura jamais, en conflit permanent avec ses collègues et la direction de l'établissement, on ne le reverra plus...
Cette journée se termine par une réunion où nous nous répartissons les élèves. Nous aurons en charge deux classes de 8 élèves, les plus jeunes durant cinq demi-journées, les plus âgés durant trois demi-journées. Ils ont de 14 à 19 ans et sont pour la plupart originaires des banlieues lilloise et valenciennoise; pas besoin de faire une enquête sociale pour se rendre compte que ces gamins sont issus de familles socialement défavorisées: chômage, alcoolisme, drogue, délinquance sont un échantillon des multiples facettes de ces jeunes vies à la dérive.
Le jour de la rentrée arrive après une nuit courte. J'ai peur et je cherche un peu de réconfort auprès de mes collègues: on plaisante de notre infortune, l'humour aidant à dédramatiser. De cette première matinée, je ne me souviens que des ces cinq premières minutes où tel un dompteur face aux fauves, je tente d'amadouer, d'apaiser ces huit adolescents qui me dévisagent sans un mot. Je distribue le matériel et lance alors la première activité. Les premières journées sont éreintantes tant le climat est électrique, il faut gérer les individus turbulents, insolents, violents et l'aide ainsi que les conseils de J-L et des éducateurs techniques sont des bouées de sauvetage pour un jeunot comme moi. Je ne me ferai pas croquer! Durant quelques semaines, Serge et moi nous téléphonons le soir et faisons le bilan de la journée, on se rassure, s'encourage. L'idée de décrocher le téléphone et d'implorer l'inspecteur de nous muter ailleurs revient sans cesse, cette éventualité sera une option que, finalement, nous n'utiliserons pas. Nous passerons 7 ans dans cet établissement.
J'ai laissé une partie de moi-même là-bas, j'ai appris beaucoup de choses malgré tout, sur moi, sur les difficultés du métier, sur la société, sur la vie surtout. J'ai pris des coups, au sens figuré comme au sens concret mais ça c'est une autre histoire.
La camaraderie, l'humour et la bienveillance sont les clés d'une réussite professionnelle.
À suivre...
vendredi 28 juin 2013
The Origins (4)_Welcome in the jungle!
Ça y est, je m'y remets! À l'instar d'un Georges Lucas qui n'en finit pas de ne pas en finir avec cette putain de tri-Trilogie de Star Wars (nonalogie?), j'ai pris ma pause à l'issue du 3ème opus de The Origins. Il se trouve que j'hésite à évoquer cette année d'IUFM où, bardé de l'expérience d'une année sur le terrain avec ma b..., mon bon sens et mon couteau, je fus confronté avec ce qui se fait de pire en matière de pédagogie. Pourquoi j'hésite? Bah, ce n'est qu'une année de fac en plus... Tu stresses une semaine avant chaque échéance, tu potasses et rédiges des trucs qui vont faire plaisir aux correcteurs, peu importe qu'il y ait eu réflexion ou pas, que tu crois en ce que tu écris, l'important est d'avoir une bonne note. Entre ces périodes, tu glandes, fais acte de présence, papotes, déconnes, dragues et rencontres ta future femme. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, c'est donc en enseignant que l'on devient enseignant. Moult palabres et des conseils made in Normandie : "Nous ne vous donnons aucun conseil quant aux choix des méthodes, c'est à vous de vous les approprier. Cherchez par vous-mêmes..." Tout ça au nom de la sacro-sainte indépendance pédagogique des professeurs! On doit réinventer la roue, ouais! Y'a bien des trucs qui plaisent plus à la majorité, des méthodes plébiscitées, des manuels à éviter ou à conseiller, non? Bah non, démerdez-vous! Ou bien, les quelques ouvrages ou méthodes proposées par les super-formateurs sont tellement alambiqués, novateurs qu'ils nécessitent un investissement intellectuel et matériel contre-productif! Tout cela manque de pragmatisme. Je n'ai pas appris mon boulot en lisant des passages dans les bouquins de pédagogie ou en écoutant les grands pédagogues, mais en regardant les élèves, en échangeant avec les collègues, en analysant les couacs voire les grosses merdes que j'ai pu pondre durant treize ans. On fait le tri, on jette, on recycle, on fignole et on écoute. On n'apprend pas à être enseignant, on vit l'enseignement, on le ressent et certain(e)s sont meilleur(e)s que d'autres.
Pour clore cette année de formation, chaque professeur-stagiaire doit rendre un mémoire professionnel de quelques dizaines de pages, tâche qui, selon les conseils du poule de formateurs, nécessite un travail régulier tout au long de l'année scolaire... Je s... J'ai un ami qui a pondu ce mémoire en deux jours, échéance finale oblige. Mention: Très satisfaisant. Vaste enfumage, assez facile lorsque l'on connait les attentes de l'institution. Sacré ami... Et ce ne fut pas ses derniers faits d'armes.
Moi qui hésitais à causer d'IUFM, vous voilà avec un sacré réquisitoire contre cette institution. Une bonne grosse dose de pragmatisme et moins de prosélytisme pédagogique contribueraient à redonner des lettres de noblesse à cet institut fossoyeur de l'École Normale.
À l'issue de cette année finalement très agréable d'un point de vue potache, me voilà donc titularisé dans l'EN. Je pouvais enfin poser mes valises, m'investir sur un poste épanouissant avec des élèves courageux et intéressants! Que nenni! T'es jeune, tu vas en chier! Les règles d'attribution des postes dans les écoles impliquent que plus l'on est ancien dans le métier, plus l'on a de "points", plus l'on a de chance d'obtenir le poste désiré, encore faut-il qu'il soit vacant. Résultat, le choix est simple: tu choisis, ou plutôt "on te choisit", les postes qui restent, les postes dont personne ne veut. Ce peut être un poste géographiquement éloigné, le Nord ayant pour particularité d'être un département vaaaaaaaachement long, ou un poste dans une zone défavorisée (je sais, le Nord est une zone défavorisée en soi...), ou bien les deux: un poste de merde très loin. Désirant éviter une expatriation qui me priverait des atours de ma future épouse, je décidai donc de faire jouer mon "réseau". Pfff, quel réseau, tu parles! Je me retrouvai donc à Lille-Fives en ZEP avec une classe de CM2. Bizarrement, je ne me rappelle plus de ma réaction dans les jours qui suivirent la nouvelle; déçu je l'étais néanmoins mes préoccupations étaient plutôt tournées vers ces deux mois de vacances qui s'offraient à moi, à nous! Un de mes potes étaient quant à lui nommé en EREA (SEGPA avec internat) sur Lille en tant qu'éducateur ce qui impliquait un emploi du temps tout à fait particulier (fin d'après-midi, soirée, nuit, matinée). Un autre collègue sachant pertinemment que le choix était inexistant prit les devants: quitte à se retrouver loin sur un poste de merde autant essayé de se rapprocher du littoral en optant pour un ÉNOOOORME poste de merde. Nous le rejoignîmes quelques semaines plus tard, l'Inspecteur de l'Éducation Nationale tout heureux de trouver trois volontaires pour des postes dont personne ne voulait.
Je me retrouvai donc en MECS (Maison d'Enfants à Caractère Social) à Gravelines, le cul de basse-fosse du département voire de la région NPDC. L'évocation seule du nom de l'établissement suffisait à déclencher pleurs, hurlements et crises de panique chez quiconque avait eu vent des nombreuses histoires et légendes qui entouraient ce lieu où les fils des damnés de la société et de l'Éducation nationale finissaient leurs années d'obligation scolaire. Mission suicide pour certains, calvaire pour beaucoup, j'étais en terre inconnue...
À suivre...
jeudi 27 juin 2013
Is this the end?
L'heure est au bilan. Même si j'ai passé une année globalement satisfaisante et qu'enfin je trouve ma place au sein du rafiot de l'Éducation nationale, je me pose bien des questions sur la suite de ma carrière professionnelle. J'ai embrassé le métier plus par défaut que par intérêt, néanmoins je me suis trouvé quelques qualités indispensables pour exercer face à ces marmots.
Jusqu'alors, les avantages inhérents à mon statut réussissaient à me convaincre que l'herbe n'était pas plus verte ailleurs, sauf que ces avantages fondent comme neige au soleil, année après année. Il y a quinze ans, l'équation était limpide: sécurité + temps libre pour s'occuper de la famille + retraite relativement aisée et quelques années avant tout le monde = le bon plan pour celle ou celui qui rêve d'une vie tranquille et d'un emploi encore gratifiant; aujourd'hui, l'équation est toute autre et nombre de facteurs ont été modifiés. Départ en retraite retardé (ça ne me fait pas plaisir mais j'approuve au nom de l'équité), pension de retraite rabotée, salaire loin d'être mirobolant (moins de 2 000€ pour 13 années d'ancienneté), pouvoir d'achat en berne, remise en cause des vacances (ce qui pour ma pomme ne signifie pas "partir en vacances" comme beaucoup l'imagine), autant de raisons qui m'amènent à la conclusion finale:
Qu'est-ce que je fous encore là? Le bateau coule et, tel un musicien du Titanic, je continue vaille que vaille à jouer de mon violon. J'ai l'intime conviction que mes qualités seraient un atout dans nombre de professions où le contact est primordial (au sens figuré s'entend, ma carrière de star du X est derrière moi).
Si je ne peux plus espérer une retraite "heureuse", autant tenter de vivre un peu mieux. Les défis ne me font pas peur et ma curiosité maladive aurait tôt fait de me pousser à faire le pas. L'occasion se présentera-t-elle? Vais-je la saisir? La provoquer?
L'occasion fait le larron. À bon entendeur...
Jusqu'alors, les avantages inhérents à mon statut réussissaient à me convaincre que l'herbe n'était pas plus verte ailleurs, sauf que ces avantages fondent comme neige au soleil, année après année. Il y a quinze ans, l'équation était limpide: sécurité + temps libre pour s'occuper de la famille + retraite relativement aisée et quelques années avant tout le monde = le bon plan pour celle ou celui qui rêve d'une vie tranquille et d'un emploi encore gratifiant; aujourd'hui, l'équation est toute autre et nombre de facteurs ont été modifiés. Départ en retraite retardé (ça ne me fait pas plaisir mais j'approuve au nom de l'équité), pension de retraite rabotée, salaire loin d'être mirobolant (moins de 2 000€ pour 13 années d'ancienneté), pouvoir d'achat en berne, remise en cause des vacances (ce qui pour ma pomme ne signifie pas "partir en vacances" comme beaucoup l'imagine), autant de raisons qui m'amènent à la conclusion finale:
Qu'est-ce que je fous encore là? Le bateau coule et, tel un musicien du Titanic, je continue vaille que vaille à jouer de mon violon. J'ai l'intime conviction que mes qualités seraient un atout dans nombre de professions où le contact est primordial (au sens figuré s'entend, ma carrière de star du X est derrière moi).
Si je ne peux plus espérer une retraite "heureuse", autant tenter de vivre un peu mieux. Les défis ne me font pas peur et ma curiosité maladive aurait tôt fait de me pousser à faire le pas. L'occasion se présentera-t-elle? Vais-je la saisir? La provoquer?
L'occasion fait le larron. À bon entendeur...
lundi 17 juin 2013
Épilogue
Salut à toutes et à tous,
La fin approche, moins de trois semaines avant de balancer mon cartable dans un coin. Et un constat s'impose:
La fin approche, moins de trois semaines avant de balancer mon cartable dans un coin. Et un constat s'impose:
j'en ai plein le cul.
Éreinté, usé, fatigué, je multiplie les approximations, j'oublie, je néglige. Déjà qu'en temps normal, je suis assez bordélique, pratiquant assidûment l'improvisation, alors là, c'est festival!
Après réflexion, je me rends compte que cet état de fait est moins dû à la fatigue qu'à une concentration exceptionnelle d’événements, manifestations, réunions en cette fin d'année scolaire. La coupe est pleine, n'en jetez plus, ça déborde de tous les côtés!
Sûr que y'aura des parents mécontents, et ils n'auront pas tout à fait tort. C'est ça qui me fait le plus suer.
Finies les lamentations, j'ai déjà le regard tourné vers la rentrée prochaine!
Quelques projets de sorties, mises en place de nouvelles habitudes de travail et surtout l'envie de s'ouvrir aux arts plastiques en s'attachant les services d'un ou une artiste. Ça me botte, même si cela va certainement coûter un bras. Néanmoins le résultat risque d'être plus probant que ce que je peux entreprendre en classe.
Je sors d'une journée de stage où, en tant que directeur, je risque des poursuites, la prison, la peine de mort, le bannissement ou la désintégration dès que je bouge une oreille. Je n'ose pas imaginer ce qui pourrait arriver si un accident, par définition imprévisible, venait à ternir une de mes journées d'enseignement. Mieux vaut ne pas y penser...
Bon, je vais me coucher, demain, je me rends en Belgique avec ma classe et ça va pas être une sinécure.
Ciao
Rag'
Bon, je vais me coucher, demain, je me rends en Belgique avec ma classe et ça va pas être une sinécure.
Ciao
Rag'
samedi 1 juin 2013
Poèmes en clé de scie pour les enfants en cage
Ma chère et tendre a récupéré un petit ouvrage de poèmes publié au début des années 80 aux éditions UTOVIE. À première vue, ça sent le "fait-maison", c'est pas bien épais, en noir et blanc, les illustrations relativement pauvres mais quelle claque à la lecture de ces quelques poèmes qui sentent la liberté, l'amour, la paix, la tolérance et la compassion.
Je m'arrête là et vous laisse apprécier ce petit chef-d'oeuvre:
Je m'arrête là et vous laisse apprécier ce petit chef-d'oeuvre:
Poème tricolore
Sur les monuments aux morts
y'a les noms des macchabées
qui sont pas rev'nus d'la guerre
celle de 14, ou la dernière
On vous racontera qu'ils sont morts en héros
défendant jusqu'au bout un dernier bout d'drapeau
bleu de froid
blanc de peur
rouge de sang
On vous f'ra résonner des mots gros
comm' des arcs-de-triomphe
ou bien des Tours Eiffel
"Patrie", "Nation", "Devoir"" et "Valeurs Éternelles",
des mots qui ronflent
comm' des camions
des mots où l'on se prend les doigts
Clic! Clac! et qui pèsent leur poids d'émotion.
On vous dira enfin qu'ils se sont battus
comm' des lions
et que c'est un honneur.
Ne croyez pas tout ça
les gars
Faites attention.
À la guerre, surtout, on a peur.
Car quand le ventre éclate
Lorsque ça fait si mal
qu'on doit marcher à quatre pattes
et quand on sait qu'on meurt,
Quand vos deux mains ressemblent
à des tartines tremblantes
de confiture à la fraise,
On crache sur la guerre
On pleure sur la vie
Qui s'en va, à petits pas...
La patrie
ça n'existe pas
pour tous les gars du monde
qui sont morts au combat
à cause des monuments gris.
J'aimerais beaucoup la donner à mes élèves...
mardi 28 mai 2013
XXX Âmes sensibles s'abstenir, éloignez les enfants, les âmes prudes et Christine Boutin.
Avec un titre comme ça, je vais exploser les stats du blog, sûr!
L'enseignement primaire est très peu propice aux batifolages et autres expériences sexuelles débridées! J'ai ma petite théorie là-dessus, accrochez-vous. Accrochez-vous, vous dis-je!
1- Le fait de travailler avec des enfants en bas-âge, 10 ans et moins, la puberté n'ayant pas encore transformé les garçons en boutonneux duveteux confits de testostérone ni les filles en hystériques fashion victims armées de râteliers peu propices au roulage de galoches devant la grille du collège, influe énormément sur notre attitude. Nous sommes dans un univers asexué en quelque sorte. Cet aspect mériterait d'être débattu plus longuement avec une psy, une pédiatre voire des potes autour d'une bière. Ou les trois en même temps.
2- Les profs sont des "coincé(e)s du cul". Pas tous ni toutes mais beaucoup. Deux ou trois allusions coquines et tu passes pour un Satyre, un horrible dévergondé, un bad boy quoi... Y'en faut pas beaucoup, je vous le promets.
3- Beaucoup de fous et folles du boulot, surtout des folles. Et comme vous le devinez, en toute chose l'excès nuit ... aux nuits.
4- Je suis marié et, comme ma chère et tendre lit ce qui précède, je vais m'arrêter là. Je tiens à ma santé.
Désolé, cher ami, le milieu enseignant n'est pas un monde de débauche et de luxure où le stupre, la lubricité et l'obscénité dictent nos faits et gestes. Range ton rouleau de Sopalin, Fifty Shades of Rag', c'est pas encore pour aujourd'hui.
À mon grand désarroi...
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